• Morceau tiré des rayons et des Ombres. C'était l'été. Vers l'heure ou la lune se lève, Par un de ces beaux soirs qui ressemblent au jour Avec moins de clarté, mais avec plus d'amour,

    C'est dans ces moments - là que le jardin paisible, La broussaille ou remue un insecte invisible, Le scarabée ami des feuilles, le lézard Courant au clair de lune au fond du vieux puisard. La faïence à fleur bleue ou vit la plante grasse,

    C'est dans ces moments-là, comme je vous le dis, Que tout ce beau jardin, radieux paradis, Tous ces vieux murs croulants, toutes ces jeunes roses, Tous ces objets pensifs, toutes ces douces choses, Parlèrent à ma mère avec l'onde et le vent, Et lui dirent tout bas:" laisse nous cet enfant!

    " Laisse nous cet enfant, pauvre mère troublée! Cette prunelle ardente, ingénue, étoilée, Cette tête au front pur qu'aucun deuil ne voila, Cette âme neuve encor, mère, laisse-nous-la!

    Laissez-nous cet enfant! nous lui ferons un coeur Qui comprendra la femme; un esprit non moqueur, Ou naîtront aisément le songe et la chimère, Qui prendra Dieu pour livre et les champs pour grammaire,

    Ainsi parlaient, à l'heure ou la ville se tait, L'astre, la plante et l'arbre, et ma mère écoutait.

    Enfants! Aimez les champs, les vallons, les fontaines, Les chemins que le soir emplit de voix lointaines, Et l'onde et le sillon, flanc jamais assoupi, Ou germe la pensée à côté de l'épis. Prenez-vous par la main et marchez dans les herbes; Regardez ceux, qui vont liant les blondes gerbes;

    Epelez dans le ciel plein de lettres de feu, Et, quand un oiseau chante, écoutez parler Dieu.

    Victor Hugo...

     

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  • Café....

    Je veux mon....

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  • Je vis un Ange Blanc qui passait sur ma tête;
    Son vol éblouissant apaisait la tempête.

    Victor Hugo.

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  • Mère lionne avait perdu son faon:
    Un chasseur l'avait pris.

    La pauvre infortunée
    Poussait un tel rugissement,

    Que toute la forêt était importunée.

    La nuit ni son obscurité,
    Son silence et ses autres charmes,
    De la reine des bois n'arrêtaient les vacarmes:
    Nul animal n'était du sommeil visité.
    L'ourse enfin lui dit:
    ma commère,
    Un mot sans plus:
    Tous les enfants
    Qui sont passés entre vos dents
    N'avaient-ils ni père ni mère?

    Ils en avaient.
    S'il est ainsi,

    Et qu'aucun de leur mort n'ait nos têtes rompus,
    Si tant de mères se sont tues,
    Que vous taisez-vous aussi?
    Moi, me taire! moi, malheureuse! A
    h! j'ai perdu mon fils! Il me faudra traîner
    Une vieillesse douloureuse!
    Dites-moi, qui vous force à vous y condamner?
    Hélas! C'est le Destin qui me hait.
    Ces paroles
    Ont été de tout temps en la bouche de tous.


    ( Misérables humains, ceci s'adresse à vous! Je n'entends résonner que des plaintes frivoles. Quiconque, en pareil cas, se croit haï des cieux, Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux.).

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  • Un pince-maille avait tant amassé
    Qu'il ne savait ou loger sa finance.
    L'Avarice, compagne et soeur de l'ignorance,
    Le rendait fort embarrassé
    Dans le choix d'un dépositaire;
    Car il en voulait un, et voici sa raison:
    L'objet tente;
    il faudra que ce morceau s'altère
    Si je le laisse à la maison:
    Moi-même de mon bien je serai le larron.
    Le larron?
    Quoi! Jouir, c'est se voler soi-même?
    Mon ami, j'ai pitié de ton erreur extrême.
    Apprends de moi cette leçon:
    le bien n'est bien qu'en tant que l'on s'en peut défaire; Sans cela c'est un mal.
    Veux tu le réserver Pour un âge et des temps qui n'en ont plus que faire?
    La peine d'acquérir, le soin de conserver otent le prix à l'or, qu'on croit si nécessaire.
    Pour se décharger d'un tel soin,
    Notre homme eût pu trouver des gens sûrs au besoin.
    Il aima mieux la terre; et prenant son compère,
    Celui-ci l'aide.
    Il vont enfouir le trésor.
    Au bout de quelque temps l'homme va voir son or;

    Il ne retrouva que le gîte.
    Soupçonnant à bon droit le compère,
    il va vite lui dire:
    Apprêtez-vous; car il me reste encor
    Quelques deniers:
    je veux les joindre à l'autre masse.
    Le compère aussitôt va remettre en  sa place
    L'argent volé;
    prétendant bien tout reprendre à la fois, sans qu'il y manquât rien.
    Mais ,pour ce coup, l'autre fut sage:
    Il retint tout chez lui, résolu de jouir,
    Plus n'entasser, plus n'enfouir;
    Et le pauvre voleur,
    ne trouvant plus son gage,
    Pensa tomber de sa hauteur.
    ( Il n'est pas malaisé de tromper un trompeur).

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  • Noirs dans la neige et dans la brume,
    Au grand soupirail qui s'allume,
    Leurs culs en rond,
    A genoux, cinq petits,

    misère!
    Regardent le boulanger faire
    Le lourd pain blond.
    Ils voient le fort bras blanc
    qui tourne la pâte grise,
    et qui l'enfourne
    Dans un trou clair.

    Ils écoutent le bon pain cuire.
    Le boulanger au gras sourire
    Chante un vieil air.

    Ils sont blottis, pas un ne bouge,
    Au souffle du soupirail rouge,
    Chaud comme un sein.
    Et quand, pendant que minuit sonne,
    Façonné, pétillant et jaune,
    On sort le pain,

    Quand, sous les poutres enfumées,
    Chantent les croûtes parfumées,
    Et les grillons,
    Quand ce trou chaud souffle la vie
    Ils ont leur âme si ravie
    Sous leurs haillons,

    Ils se ressentent si bien vivre,
    Les pauvres petits plein de givre!
    Qu'ils son là, tous,
    Collant leurs petits museaux roses
    Au grillage, chantant des choses,
    entre les trous,

    Mais bien bas, 
    comme une prière...
    Repliés vers cette lumière
    Du ciel ouvert,
    Si fort,
    qu'ils crèvent leur culotte,
    Et que leur lange blanc
    tremblote

    Au vent d'hiver...
    ( 1870)

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  • Tisonnant, tisonnant son coeur amoureux sous sa chaste robe noire, heureux, la main gantée, un jour qu'il s'en allait, effroyablement doux, jaune, bavant la foi de sa bouche édentée,

    Un jour qu'il s'en allait, <<Oremus>> Un méchant le prit rudement par son oreille benoîte Et lui jeta des mots affreux, en arrachant

    Sa chaste robe noire autour de sa peau moite! Châtiment!... ses habits étaient déboutonnés, Et le long chapelet des péchés pardonnés s'égrenant dans son coeur, Saint Tartufe était pâle!

    Donc, il se confessait, priait, avec un râle! L'homme se contenta d'emporter ses rabats... Peuh! Tartufe était nu du haut jusques en bas!

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