• Madame Fraya un phénomène de clairevoyance.

    Et cependant, chose étrange, son père, haut fonctionnaire du ministère des Finances, possédait déjà, par intermittences, il est vrai, ce fameux don de voyance. Seuls, ses intimes étaient au courant de ce que l’on considérait alors comme une anomalie… Une anomalie  un peu particulière car, à l’inverse de la plupart des devins dont la clairvoyance s’exerce au profit d’autrui, M. Dencausse, lui, connaissait surtout son propre avenir. C’est ainsi que, des années à l’avance, il avait prédit la date exacr de sa mort: » je mourrai avant l’hiver, avait-il dit aux siens, un 1er novembre, à minuit, vers ma 75 é année, sans souffrance ni agonie. Je garderai ma lucidité jusqu’au bout. » Dans son Traité de Métapsychique, Charles Richet, professeur de Paris, membre de l’Institut, prix Nobel de physiologie, commente en ces termes ce saisissant cas d’auto-prémonition:  » Il s’agit de M Dencausse, père de Mme Fraya, laquelle a donné, comme on sait, à diverse reprises, de beaux exemples de lucidité. En mai 1916, M Dencausse, âgée de 73 ans, annonce malgré une assez bonne santé, qu’il mourrait avant l’hiver. Il s’amaigrissait d’ailleurs, et se nourrissait mal. Vers le 24 octobre il déclare qu’il savait le jour de sa mort, que ce serait le jour de la Toussait. Le 28 octobre, le Dr Geley, appelé, ne lui trouve aucune lésion organique; pas de fièvre, une légère bronchite. M Dencausse déclare alors qu’il mourra le jour de la Toussaint à minuit sonnant, sans souffrance, ni agonie. Le lundi 30, tout allait bien, mais le mardi 31, une pneumonie se déclare, avec fièvre. Le 1er novembre, il était plus faible; mais il pouvait parler et faire ses dernières recommandations. Vers 23 heures et demie, il demanda à sa femme:  » Quelle heure est-il? » Mme Dencausse, pour le tromper, dit:  » Deux heures du matin. » Le malade répondit: » Non, il n’est pas minuit. A minuit je pourrai. » A minuit, au moment ou la pendule sonnait, il était mort, sans un soupir. » Adolescente la jeune fille manifesta un goût précoce pour la musique. Ses parents lui donnèrent les meilleurs professeurs de la région et sa vie semblait s’orienter tout naturellement vers une carrière de pianiste- virtuose lorsque, vers sa dix huitième année, elle abandonna ses études pour épouser M Louis-Erembert Delmas, professeur agrégé de grammaire, de vingt ans son aîné, dont elle avait fait la connaissance chez des amis, à Pau. Détail curieux: ce fut pendant son voyage de noces, le 4 ème jour exactement, qu’elle eut la fulgurante révélation de son don de clairvoyance. Elle pensait que le choc physiologique, qui l’avait faite femme, avait probablement déclenché en elle un autre choc, psychique celui-là. A Nice, dans une chambre d’hôtel anonyme, elle eut la vision de son avenir; elle sut qu’elle ne partagerait pas la vie studieuse de son mari, dont les goûts philosophiques l’avaient, un instant, séduite. Elle se voyait, seule, à Paris, dans un appartement assez sombre, recevant des milliers et des milliers de personnes, examinant leurs mains et leur faisant de surprenantes révélations sur elles-mêmes ou leur entourage

    « Courageux Malakoff.Fry, Arthur. »
    Partager via GmailGoogle Bookmarks

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :