• Puis-je te comparer à un beau jour d'été?
    Ta nature est bien plus aimable et tempérée;
    Des vents brutaux secouent les chers bourgeons de mai,
    Et le bail de l'été a trop courte durée.


    Parfois de l'oeil du ciel l'éclat est trop ardent;
    Souvent, l'or de son teint se ternit et se brouille:
    Toute beauté déchoit quelque jour de son rang
    Quand le cours de Nature ou le Sort la dépouille.

    Mais ton été sans fin ne se peut point faner,
    Ni perdre la beauté qui t'échut en partage;
    Dans ses ombres la Mort ne te saurait compter.


    Si ces vers éternels du Temps te font l'image:
    Tant que vue ou haleine aux hommes n'est ravie,
    Ce poème doit vivre, et te donner la vie.

    Sonnets XVIII.
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  •  Sur mon petit écritoire- Page blanche- Page noire.
    Je trace les lignes qui comblent de leur sinuosités intemporelles, la trame diaphane d'une feuille de papier à l'élasticité étonnante. Environné par le brouillard et le vent, les oiseaux,pauvres angelots du ciel, prisonniers du courant, semblent malhabiles.

    Et pourtant, leur ballet aérien, nous démontre là encore la puissance de leurs petites ailes. Angelots du ciel parcourant parfois des miles et des miles pour arriver à leur point de nidification; ils nous montrent le courage, la force et l'abnégation, dont ils sont capable pour parvenir à leur point de survie.

    Sur mon petit écritoire- Page blanche-Page noire- Je me demande si nous sommes nous les hommes, aussi courageux que ces petites boules de plumes- à peine plus lourds que le tas de plumes qui les couvrent. Angelots du ciel, minuscules parmi le brouillard et le vent... ils nous offrent en prime le charme de leur chant qui, d'une simple trille illumine en un instant le plus délicat matin.

    J'écoute vos chants, je vous sais nombreux à la campagne, peut être moins à la ville ou là encore Angelots du ciel- vous êtes présents.Vous prenez part à notre vie et chaque jour et pour vous un défi,un pari: trouverais-je ma nourriture! un endroit ou me cacher du froid terrifiant de la nuit ! un abri contre  la pluie et le vent!

    si je meurs qui sera près de moi? Mais, de cela vous les Angelots du ciel, vous n'y pensez pas car, pour vous la vie se résume à chantés dès que pointe le jour. Courageux angelots, de mon écritoire je vous fais un aveux- moi, simple mortelle, je vous trouve  courageux .

    L'Immortel qui vous donna le jour,  le fit sûrement pour la leçon que vous nous donnez chaque fois que nos oreilles entendent le son mélodieux de vos chants. Page blanche-Page noire- je ferme mon écritoire.
    y-l.

     

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  • Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et, sans dire un seul mot, te mettre à rebâtir,
    Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir...
    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
    Rêver, mais  sans laisser le rêve être ton maître
    Penser, sans n'être qu'un penseur...
    Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres la perdront
    Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis
    Et, ce qui vaut bien mieux que les rois et la gloire,
    Tu seras un homme,mon fils.
    Rudyard Kippling ( 1865-1936).

    Tu seras un homme, mon fils. Rudyard Kippling.

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  • Le Marronnier a encore gagné cette année.
    Plus beau, plus haut que les deux autres,
    Vanité diriez-vous!
    Non, simplement mieux protéger.
    A ses frères, il a offert un léger temps d’avance.
    Mais indomptable, la nature ne se mêlant pas
    des tourments de trois combattants.
    Ses feuilles douces et verte ont poussées
    bien avant celles des deux autres marronnier.
    Le Grand Marronnier chantonne;
    Il danse avec le vent, il fourmille
    de vie.
    Sa musique nous berce,
    la beauté de ses hampes fleuries
    offrent aux bourdonnants tout le miel
    dont ils ont besoin pour vivre.
    Mésanges et Moineaux sont à la fête
    eux aussi, c’est le temps des amours,
    Le Grand Marronnier,
    a encore gagnée cette année.
    Ses deux frères s’inclinent devant sa majesté.
    Assis sur le banc, nous goûtons
    à la joie de les voir si beaux.
    Et de partager un doux moment
    de paix.
    Y-L
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  • Ma vie, ma chère vie si douce,
    ma lumière, mon tout,
    mes biens et mes domaines,
    mes châteaux et mes  terres,
    mes pelouses et mes vignobles.
    ô, soleil de ma vie, mon soleil,
    ma lune, mes étoiles,
    mon ciel et ma terre,
    mon passé et mon avenir,
    mon épouse, mon aimée,
    mon amie très chère,
    mon être intime,
    mon coeur et mon sang,
    mes entrailles, étoile de mes yeux…
    ô ma très chère,
    quel non pourrai-je te donner?

    Heinrich Von Kleist ( 1777/1811.)

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  • Pierre de Ronsard. L' Alouette.

    Hé Dieu! que je porte d'envie

    Aux félicités de ta vie,
    Alouette, qui de l'amour
    Casquettes dès le point du jour,

    Secouant la douce rosée
    En l'air, dont tu es arrosée.

    Devant que Phoebus soit levé
    Tu enlèves ton corps lavé
    Pour l'essuyer près de la nue,
    Trémoussant d'une aile menue

    Et te sourdant à petits bonds,
    Tu dis en l'air de si doux sons
    Composés de ta tirelire,
    Qu'il n'est amant qui ne désire

    Comme toi devenir oiseau
    Pour dégoiser un chant si beau;
    Puis,
    quand tu t'es bien élevée,

    Tu tombes comme une fusée
    Qu'une jeune pucelle au soir
    De sa quenouille laisse choir,
    Quand au foyer elle sommeille,
    Frappant son sein de son oreille...
    Tu vis sans offenser personne;
    Ton bec innocent ne moissonne
    Le froment, comme ces oiseaux
    Qui font aux hommes mille maux,
    Soit que le blé rongent en herbe,

    Ou bien qu'ils l'égrènent en gerbe;

    Mais tu vis les sillons verts

    De petits fourmis et de vers;
    Ou d'une mouche, ou d'une achée

    Tu portes aux tiens la becquée,

    Des feuilles, quand l'hiver est mort...

    Ainsi jamais la main pillarde

    D'une pastourelle mignarde

    Parmi les sillons épiant
    Votre nouveau nid pépiant,

    Quand vous chantez, ne le dérobe
    Ou dans son sein, ou dans sa robe.
    Vivez, oiseaux, et vous haussez
    Toujours en l'air, et annoncez

    De votre chant et de votre aile

    Que le printemps se renouvelle.

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  • Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
    Assise auprès du feu, dévidant et filant,
    Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant:
    " Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle!
    Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
    Déjà le labeur à demi sommeillant,
    Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
    Bénissant votre nom de louange immortelle.
    Je serai sous la terre et, fantôme sans os,
    Par les ombres myrteux je prendrai mon repos:
    Vous serez au foyer une vieille accroupie,
    Regrettant mon amour et votre fier dédain,
    Vivez, si vous m'en croyez, n'attendez à demain:
    Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

    Les Amours . Pierre de Ronsard.
    photo de josé

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