Ta nature est bien plus aimable et tempérée;
Des vents brutaux secouent les chers bourgeons de mai,
Et le bail de l'été a trop courte durée.
Parfois de l'oeil du ciel l'éclat est trop ardent;
Souvent, l'or de son teint se ternit et se brouille: Toute beauté déchoit quelque jour de son rang
Quand le cours de Nature ou le Sort la dépouille.
Mais ton été sans fin ne se peut point faner,
Ni perdre la beauté qui t'échut en partage;
Dans ses ombres la Mort ne te saurait compter.
Si ces vers éternels du Temps te font l'image:
Tant que vue ou haleine aux hommes n'est ravie,
Ce poème doit vivre, et te donner la vie.
Sonnets XVIII.
