Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

2015-01-26T11:37:04+01:00

Le Coche et la Mouche.

Publié par osebo-moaka
Dans un chemin, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un coche.
Femmes, moines, vieillards, tout était descendu:
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une mouche survient, et des chevaux s'approche,
Prétend les animer par son bourdonnement,
Pique l'un, pique l'autre,
et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du cocher.
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire,
Va, vient, fait l'empressée: il semble que ce soit
Un sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens et hâter la victoire.
La mouche, en ce commun besoin,
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le moine disait son bréviaire:
Il prenait bien son temps! Une femme chantait:
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait!
Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles
Après bien du travail, le coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt:
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
ça, Messieurs les chevaux, payez-moi de ma peine.

Jean de la Fontaine.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires:
Ils font partout les nécessaires.
Et , partout importuns, devraient d'être chassés.

Voir les commentaires

2015-01-26T11:01:50+01:00

L'Ane et ses Maîtres.

Publié par osebo-moaka
L'âne d'un jardinier se plaignait au Destin
De ce qu'on le faisait lever devant l'aurore.
Les coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin,
Je suis plus matineux encore.
Et pourquoi? pour porter des herbes au marché.
Belle nécessité d'interrompre mon somme!
Le Sort, de sa plainte touché,
Lui donne un autre maître; et l'animal de somme
Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur.
La pesanteur des peaux et leur mauvaise odeur
Eurent bientôt choqué l'impertinente bête.
J'ai regret, disait-il, à mon premier seigneur.
Encor, quand il tournait la tête,
 J'attrapais, s'il m'en souvient bien,
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien:
Mais ici point d'aubaine, ou, si j'en ai quelqu'une,
C'est de coups. Il obtint changement de fortune;
Et sur l'état d'un charbonnier
Il fut couché tout le dernier.
Autre plainte. Quoi donc! Dit le Sort en colère,
Ce baudet-ci m'occupe autant
Que cent monarques pourraient faire!
Croit-il être le seul qui ne soit pas content?
N'ai-je en l'esprit que son affaire?


Le Sort avait raison. Tous gens sont ainsi faits:
Notre condition jamais ne nous contente:
La pire est toujours la présente.
Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
Qu'à chacun Jupiter accorde sa requête,
Nous lui romprons encor la tête!

Jean de la Fontaine.

Voir les commentaires

2015-01-26T10:38:09+01:00

Jupiter et le Métayer.

Publié par osebo-moaka
Jupiter eut jadis une ferme à donner.
Mercure en fit l'annonce, et gens se présentèrent,
Firent des offres, écoutèrent:
Ce ne fut pas sans bien tourner;
L'un alléguait que l'héritage
Etait frayant et rude, et l'autre un autre si.
Pendant qu'ils marchandaient ainsi,
Un deux, le plus hardi, mais non pas le plus sage,
Promit d'en rendre tant, pourvu que Jupiter
Le laissât disposer de l'air,
Lui donnât raison à sa guise,
Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise,
Enfin du sec et du mouillé,
Aussitôt qu'il aurait baillé.
Jupiter y consent. Contrat passé, notre homme
Tranche du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme
Un climat pour lui seul: Ses plus proches voisins
Ne s'en sentaient non plus que les Américains.
Ce fut leur avantage: Ils eurent bonne année,
Pleine moisson, pleine vignée( Vendange) .
Monsieur le receveur fut très mal partagé.
L'an suivant, voilà tout changé:
Il ajuste d'une  autre sorte
La température des cieux.
Son champ ne s'en trouve pas mieux;
Celui de ses voisins fructifie et rapporte.
Que fait-il? Il recours au monarque des dieux;
Il confesse son imprudence.
Jupiter en usa comme un maître fort doux.
Jean de la Fontaine.
Concluons que la Providence Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.

Voir les commentaires

2015-01-26T10:19:13+01:00

Marcel Proust.

Publié par osebo-moaka
Ma vie a désormais perdu son seul but, sa seule douceur, son seul amour, sa seule consolation.

J'ai perdu celle dont la vigilance incessante m'apportait en paix, en tendresse,

le seul miel de ma vie que je goûte encore par moment avec horreur dans ce silence qu'elle savait faire régner

si profond toute la journée autour de mon sommeil...

Voir les commentaires

2015-01-26T10:06:48+01:00

Victor Hugo.

Publié par osebo-moaka
Un ange est là, qui vous regarde,
qui vous apprend à parler,

qui vous apprend à lire,
qui vous apprend à aimer!

Qui réchauffe vos doigts dans ses mains,
votre corps dans ses genoux,

votre âme dans son coeur;
qui vous donne son lait quand vous êtes petit,

son pain quand vous êtes grand,
sa vie toujours!

A qui vous dites:
" Ma Mère!"
Et qui vous dit:
" Mon Enfant!"

d'une manière si douce que
ces deux mots-là réjouissent Dieu.

Voir les commentaires

2015-01-26T10:01:47+01:00

Honoré de Balzac.

Publié par osebo-moaka
Mon coeur, mon âme, mon être, un moi inconnu a été réveillé dans sa coque souffrante et grise jusque-là, comme une fleur s'élance de sa graine au brillant appel du soleil.

Le petit monstre a pris mon sein et a tété: voilà le " fiat lux"! J'ai soudain été mère. Voilà le bonheur, la joie, une joie ineffable, quoiqu'elle n'aille pas sans quelques douleurs.

Cette adorable sensation de son premier cri, qui fut pour moi ce que le premier rayon du soleil a été pour la terre, je l'ai retrouvée en sentant mon lait lui emplir la bouche;

je l'ai retrouvée en recevant son premier regard, je viens de la retrouver en savourant dans son premier sourire sa première pensée. Il a ri, ma chère.

Ce rire, ce regard, cette morsure, ce cri, ces quatre jouissances sont infinies: elles vont jusqu'au fond du coeur, elles  y remuent des cordes qu'elles seules peuvent remuer!

Je suis de moment en moment plus heureuse. Chaque heure apporte un nouveau lien entre une mère et son enfant.

Ce que je sens en moi me prouve que ce sentiment est impérissable, naturel, de tous les instants.

Voir les commentaires

2015-01-26T09:40:48+01:00

Alphonse de Lamartine.

Publié par osebo-moaka
Je puisais surtout l'âme de ma mère, je lisais à travers ses yeux, je sentais à travers ses impressions, j'aimais à travers son amour, elle me traduisait tout: nature, sentiment, sensation, pensées.

Sans elle, je n'aurais rien su épeler de la création que j'avais sous les yeux; mais elle me mettait le doigt sur toute chose. son âme étais si lumineuse, si colorée et si chaude, qu'elle ne laissait de ténèbres et de froid sur rien.

En me faisant peu à peu tout comprendre, elle me faisait en même temps tout aimer. En un mot, l'instruction sensible que je recevais n'était point une leçon;

c'était l'action même de vivre, de penser et de sentir que j'accomplissais sous se yeux, avec elle, comme elle et par elle.

C'est ainsi que mon coeur se formait en moi sur un modèle que je n'avais même pas la peine de regarder tant il était confondu avec mon propre coeur.

Voir les commentaires

2015-01-26T09:28:47+01:00

Paul Claudel.

Publié par osebo-moaka
La mère est ce qu'il y a de patient et de fidèle et de tout près et de toujours pareil et de toujours présent.

C'est toujours la même figure attentive, et c'est toujours, sous son regard, le même enfant.

Qui sait que tout lui appartient sans pitié et qui vous trépigne de ses deux pieds sur le ventre.

Voir les commentaires

2015-01-26T09:24:28+01:00

Pierre Loti.

Publié par osebo-moaka
Le sourire d'une maman.
Ma mère!...Il semble qu'au début elle n'ait été pour moi que le refuge naturel, l'asile contre toutes les frayeurs de l'inconnu, contre les chagrins noirs qui n'avaient pas de cause définie.

J'étais sans la moindre notion sur l'âge de ma mère; l'idée ne me venait seulement jamais de me demander si elle était jeune ou vieille; ce n'est même qu'un peu plus tard que je me suis aperçu qu'elle était

bien jolie. Non, en ce temps là, c'était elle, voila tout; autant dire une figure tout à fait unique, que je ne songeais à comparer à aucune autre, d'ou rayonnaient pour moi la joie, la sécurité, la tendresse, d'ou émanait tout ce qui était bon.( Le roman d'un enfant.)

Voir les commentaires

2015-01-22T14:45:11+01:00

Le Renard et les Poulets d'Inde

Publié par osebo-moaka
Contre les assauts d'un renard
Un arbre à des dindons servait de citadelle.
Le perfide ayant fait tout le tour du rempart,
Et vu chacun en sentinelle,
S'écria: Quoi! Ces gens se moqueront de moi!
Eux seuls seront exempts de la commune loi!
Non, par tous les dieux! Non. Il accomplit son dire.
La lune, alors luisant, semblait, contre le sire,
Vouloir favoriser la dindonnière gent.
Lui, qui n'était novice au métier d'assiégeant,
Eut recours à son sac de ruses scélérates,
Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes;  
Puis contrefit le mort, puis le ressucité.
Arlequin n'eût exécuté
Tant de différents personnages.
Il élevait sa queue, il la faisait briller,
Et cent mille autres badinages,
Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller.
L'ennemi les laissait en leur tenant la vue
Sur même objet toujours tendue.
Les pauvres gens étant à la longue éblouis,
Autant de mis à part: près de moitié succombe.
Le compagnon les porte en son garde-manger.

" Le trop d'attention qu'on à pour le danger
Fait le plus souvent qu'on y tombe. "

Jean de la Fontaine.

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Eklablog