j'écris pour mon usage. Un grain de folie, de fantaisie j'aime écrire des histoires pour enfants...juste un peu, des histoires pour les plus grands...juste un peu . de fait ce qui me passe par la tête. Puis, un peu de science, de cuisine, de santé... de l'humour , il en faut et d'autres choses. belle ballade.
13 Octobre 2013
Rédigée entre 1842 et 1854, pendant les dernières crises de Nerval, Aurélia fut publiée entre le 1 er janvier 1855 et le 15 février de la même année: dans l’intervalle se situe la fin tragique dans la rue Vieille-Lanterne. Achèvement d’une oeuvre, ce dernier écrit est véritablement ce qu’il est devenu d’appeler un testament. » L’oeuvre et la vie »: tel pourrait-être le sous-titre d’Aurélia, vaste poème onirique du rachat de l’homme. Considérant son expérience et l’embrasant presque dans sa totalité, Nerval découvrait qu’elle n’avait été qu’une quête » de la lettre perdue ». Par l’intermédiaire du rêve, il s’assimilait aux héros de l’humanité et proclamait au monde son triomphe, comme il l’avait déjà fait à la fin du Desdichado: » Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée. »
Cette traversée d’Orphée, la descente aux Enfers, lui assurait la certitude de l’immortalité, confirmait le mythe vivant qu’il s’était forgé puisqu’il retrouvait en Aurélia » Radieuse et transfigurée » la » divinité de ses rêves ».
Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie:
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille ou le pampre à la rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phébus?… Lusignan ou Biron?
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéon:
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
Aurélia ( 1854-1855)?