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pape

2020-05-20T11:23:29+02:00

Raconter l'histoire d'un noyau...

Publié par osebo-moaka
Cette histoire remonte aussi loin que mes souvenirs d'enfant. Je vous la conte telle que je m'en souvienne.

Par un petit matin de fin juin, alors que la veille encore le soleil avait dardés ses rayons fougueux sur la terre presque sèche, une petite fille d'à peins six ans; cheminait aux côtés d'un vieil homme bien fatigué.

Elle papotait en zézayant, la faute à ses deux dents de devant, l'une en haut...l'autre en bas bien absentes de sa bouche en forme de coeur. La faute à qui! La faute à Justin elle le clamait haut et fort. Son vieux Papé l'écoutait avec ce doux sourire aux lèvres.

_Pourquoi t'être battue contre Justin petiote? _Papé, c'est lui qui a chercher. Il voulait encore me prendre le visage dans ses mains sales...de la bave de grosses limaces rouge étalée dessus. J'ai pas peur de ces bestioles là, mais de la bave sur mon visage tout propre non! Je ne voulais pas. Il m'a bousculé, je suis tombé sur le derrière et ça m'a fait mal.

Alors, il m'a sauter dessus, j'ai dressé mes poings, il a fait de même et vlan! Deux dents en moins pour moi...un nez et un oeil pour lui...ben c'est lui qui a chialé le premier. Maman était pas contente, papa a rit très fort. Moi! J'ai eue deux pièces, quand maman m'a conduite au bus pour que je vienne te voir Mamé et toi...elle pestait encore car les gens, me regardaient bizarrement.


_C'est normal Ysa, ta bouche est bleue, ce petit garnement t'a cassés deux dents mais en plus, il t'a laisser un beau hématome.C'est pour ça que les gens te regardent. Mais crois-moi petiote, tu es toujours aussi belle. En fait, je crois que Justin t'aime bien.

 
_Beh pourquoi il me donne pas une fleur ou autre chose, je comprendrais bien mieux. Moi aussi je l'aime bien Justin mais, pas ses vilaines façons ça non! Le Papé ria. _Alors tu devras le lui dire Ysa...il comprendra d'ailleurs, il sera ici dès demain, sa mère l'envoie pour quelques semaines chez sa tante qui...tu dois t'en douter n'est pas contente du tout.
 
Pauvre Justin, il n'a pas de chance, moi je t'ai et j'ai Mamé pour m’aimai mais lui le pauvre, il n'a plus personne.
_oui tu as raison Papé, je serais plus gentille avec lui, je lui dirai mais s'il recommence...gare à lui. Là le Papé éclata de rire...elle changerai pas comme ça sa petiote...un vrai rayon de soleil à elle seule, aussi brûlant, aussi hardant que lui. Bref quelques jours de franche agitation à venir.

Mamé allait s'en faire toute une montagne. Il souffrit en silence, ne voulant pas faire de mal à sa petiote.  A la maison, Mamé insista pour qu'il se pose l temps d'installer la petiote. Docile mais inquiète celle-ci attaqua:"Papé est malade"? _ Ah petiote le docteur l'a dit qu'il passerait pas, alors, il faut qu'il se repose pour rester avec nous...tu comprends petiote?


_Oui Mamé, mais en fait non Ysa ne comprenait pas ce langage là. Elle se promit quand même de faire attention à son Papé. S'il devait passé, elle allait l'aider au mieux et ce qui se mettrait sur son chemin, aurai droit à ses poings non mais.

Quelques jours plus tard, Justin arriva avec dans ses mains deux beaux fruits bien juteux. Il en donna un à Ysa puis lui fit signe...elle comprit. Lança un tonitruant "à tout à l'heure Mamé -Papé" Les deux vieux sourirent en voyant les petiots courir vers le vieux tilleul. Ses branches allaient encore devenir un nombre incalculable de monstres à combattre mais...pas ce matin la.

La petiote raconta à Justin que le Papé allait passé. Le fruit juteux fut recraché et Justin lança un regard de chien battu vers Ysa.
_Tu es sûre de toi Ysa? _Oui c'est Mamé qui me l'a dit même que moi je vais battre tous ceux qui vont l'empêcher de passé. Tu vas voir comme je serais féroce._Oh Ysa, tu as mal compris, tu ne pourras rien contre elle, elle prendra ton Papé comme elle a prit mon père et mon Papé et ma Mamé. Tu comprends ce que je veux dire Ysa?


 Le noyau qu'Ysa mâchouillait fut prestement recraché, les yeux embués elle cria. Ramassa le noyau et courut tout en criant, non ,non, non! Pas mon Papé,pas mon Papé. Las, lorsqu'elle entra dans la vieille demeure, elle entendit les pleurs de sa Mamé. Hurlant qu'elle voulait voir son Papé, celle-ci l'accompagna dans le salon ou pour la dernière fois elle l'avait vue vivant.


Pâle certes mais avec un sourire aux lèvres. La petiote s'effondra contre son Papé. Il semblait dormir, les traits sereins. Papé dormait de ce long sommeil dont personne ne revenait. Serant fort son noyau contre elle, elle fixa sa Mamé puis d'une voix chevrotante, elle lui demanda:" Mamé! Je voudrais que Papé emmène avec lui mon noyau...tu veux bien lui laisser entre les doigts, dis tu veux bien?


La Mamé ne refusa pas cette étrange demande l'enfant avait ce besoin de donner ce petit souvenir, alors, elle accepta.
. Quand Papé fut enterrer, un deuxième trou avait été creusé, l'un pour Papé, l'autre pour le noyau d'Ysa. Les larmes furent abondante, la douleur finit par s’estomper Quant  Ysa eut dix ans, elle revint avec Mamé qui avait déménagé, ne pouvant rester seule dans la grande maison. Toutes deux trouvèrent l'emplacement ou Papé se reposait. Un petit arbrisseau vivotait faisant un peu d'ombre sur la tombe.

Il avait soif cela se voyait. Il avait été dit que Papé devait déménager à son tour, car Mamé ne pouvait plus faire le long voyage. Alors Papé déménagea, l'arbrisseau le suivit, ses racines étant fortement attachées au cercueil.Ce n'était pas possible de le détacher sans causer de gros dégât au cercueil.
 
Papé repose non loin de Mamé ainsi, elle peut le voir chaque jour. Ysa y va tous les samedis...elle arrose en abondance son noyau qui devient un beau petit arbre nain car, un jardinier lui a couper la tête et quelques branches. Aujourd'hui l'arbre à sept ans, quelques fruits se balancent au grès du vent. Mamé repose avec Papé, tous les deux réunis,ils veille sur l'arbre de l'enfance heureuse d'Ysa.
 
A chaque saison Ysa et Justin viennent et récupèrent les fruits de l'amour. En ce matin de juin, une petite fille d'à peine trois ans, gazouille des mots sans suite assise ou repose ses arrières grands-parents un doux sourire aux lèvres. Elle lève sa menotte vers sa mère et clame d'une voix clair...noyau maman pour Papé et Mamé, noyau maman!  Ysa les larmes aux yeux  éclate de rire. Avec douceur elle dit :" Oui mon trésor, noyau pour Papé et Mamé.
 
Le petit arbre aura ainsi un compagnon. Il se fait vieux;il est temps pour lui de dormir. _Dodo abisseau, noyau Maelle devnir grand pour amour encore pus gand. L'éclat de rire de l'enfant, sa blondeur , ses joues rouges cerise, sa peau délicate légèrement ambrée, respire le soleil, la vie, l'amour.

Un tout petit noyau devint celui qui attacha pour longtemps, le souvenir de ceux qui étaient endormis depuis plusieurs décénis. Aujourd'hui, je suis ici avec ma propre fille âgée de cinq ans, elle mange son fruit, laissant coulé le jus sur la terre creusée il y a peu.

Grand-mère Ysa repose ici avec grand-père Justin, Papé et Mamé. Mon petit rayon de soleil s'exclame alors..."Mam noyau pour amour." Avec la délicatesse de l'enfance, elle lance le noyau dans le trou, frappe de ses petites mains toute poisseuses puis pas fière, replace la terre sur le noyau. De ses belles sandales neuves, elle tasse la terre avec vigueur, soulève le petit arrosoir puis verse le tout éclaboussant ses pieds et sa robe blanche qui ne l'est plus.


Qu'importe, le rire cristalin, éclatant de jeunesse, de joie de vivre résonne dans le calme du cimetière. Quelques oiseaux se mettent à chantés, le soleil alors darde l'un de ses rayons et éclabousse
les cheveux noir de mon petit amour qui les mains tendues, se rue vers moi en riant comme seul le font les enfants.

Le troisième arbrisseau grandira peut-être que ma fille perpétuera cette façon d’honoré nos dormants. Qu'importe si l'arbrisseau ne donne pas de fruits, sa présence apaise notre coeur et nous lie à la vie.y.l.
sur une idée de Pascal Perrat.
 
 

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2013-10-09T21:30:32+02:00

La papesse Jeanne

Publié par osebo-moaka
Une folle rumeur frappe au sommet de l’Eglise. Au XIII è siècle une rumeur à peine croyable se répand comme une trainée de poudre dans toute l’Europe.


Une femme aurait été élue au Saint Siège et aurait ainsi dirigé l’église romaine de 855 à 858 sous le nom de Jean VIII. Celle- ci serait même morte en accouchant devant la foule lors d’une procession.

D’abord confirmée par l’église, puis niée en bloc, cette énigme n’a toujours pas été réellement éclaircie. Alors escroquerie au sommet de l’église catholique?

Selon la légende, un jeune moine répondant au nom de Jean l’Anglais aurait commencé à se faire connaître vers l’an 850 pour son incroyable érudition.

Enseignant au monastère Saint Martin, il aurait tenu son savoir d’études réalisées dans une université anglaise et une école athénienne de science et de philosophie.

Adoré des fidèles, le moine se serait donc naturellement imposé comme le candidat idéal à la succession du Pape Léon IV. Finalement élu par acclamation du peuple romain, il aurait prit alors le nom de Jean VIII et entamé un pontificat pour le moins particulier.

Les fidèles n’auraient eu que très peu d’occasions de voir ce Pape qui ne sortait pratiquement jamais de ses appartements, n’accordait que très peu d’audiences et ne célébrait quasiment pas de messes.
 

Aussi lorsqu’en 858, il aurait fini par accepter de présider une célébration en prenant la tête d’une procession entre la Basilique Saint-Pierre et celle de Saint  Jean de Latran, la foule se serait pressée dans les rues de Rome.


Les fidèles , on le comprend n’auraient  manqué pour rien au monde  une des rares apparitions du souverain pontife. Et, si l’on en croit la légende, ils n’auront pas été déçus.


La mort en direct: En passant devant l’église Saint Clément, le saint père aurait été pris de douleurs, serait tombé de sa monture avant de mourir dans d’atroces souffrances.

Et ce n’est pas tout! En voulant lui porter secours la foule aurait eu la surprise de découvrir sous la soutane du  Pape un nouveau né qui n’aurait pas survécu à la chute.

Ce Pape Jean VIII était donc une femme. L’histoire ne dit pas précisément s’il est mort en couches ou a été lynché par la foule ulcérée par cette escroquerie mais qu’importe.


Le scandale fut tel que les autorités ecclésiastiques n’eurent d’autre choix que de prendre des mesures radicales. Chaque Pape nouvellement élu devrait désormais se prêter à une vérification de sa virilité.


Le fameux rituel de la chaise percée au terme duquel l’officiant devait s’exclamer en cas de succès de l’examen  » il en a deux et bien pendantes » ( duas habet et bene pendentes). Un véritable tissu de mensonges?


Aujourd’hui tous les historiens s’accordent à dire que jamais une femme n’est monter sur le trône pontifical. Qu’aucun Pape n’a, par conséquent accouché devant la foule.


Mais alors pourquoi et par qui cette légende a t-elle été créée? En fait nous n’avons à propos de cette rocambolesque histoire que très peu de certitudes sinon qu’il s’agit à coup sûr d’une invention.


En premier lieu, une simple étude de la liste des papes montre indubitablement qu’il n’y a pas de place pour le pontificat de la papesse Jeanne entre la mort de Léon IV et l’élection de BenoitII.


Conscient de cette impossibilité chronologique certains diffuseurs de cette légende comme Etienne de Bourbon un dominicain, tenta de contredire Martin le Polonais et Jean de Mailly, les premiers à avoir parlé de  » fable » en datant le début du pontificat de l’usurpatrice en l’an 1100.



La vacance entre les deux papes ne fut que de quelques semaines et n’a donc pas laissé de place à un autre pontificat. En second lieu se pose une question de titre. Pourquoi ce nom de papesse Jeanne? Jean VIII a bel et bien existé. Il y en eut même deux.


Un antipape qui n’aura pas eu le temps de régner en 844 et un véritable pontife qui trôna à Rome de 872 à 882. Laissons de côté le premier pour nous intéresser au second.

On le surnomma semble t-il  » papesse Jeanne » de son vivant en raison de sa couardise face au Patriarche de Constantinople. En fait, pour éviter un schisme avec l’orient qui se serait avéré dramatique, le pauvre homme se contenta d’une simple déclaration de repentir à propos des contestations faites à l’encontre de sa propre élection.

Un geste diplomatique d’une grande habilité qui ne lui valut certainement pas ce genre de moquerie. D’autres pensent que le nom de Papesse Jeanne serait une référence à la très autoritaire mère du pape Jean XI. Mais là, pis encore, on perd toute concordance de temps.

En troisième lieu, le parcourt estudiantin de la  » jeune femme qui serait devenue pape » compte parmi les pistes qui accréditeraient la thèse de la supercherie.


En effet, elle n’a certainement pas eu le loisir d’étudier dans une université anglaise puisque Oxford, la première d’entre elles, a été créée au XIII è siècle, ni à Athènes qui était alors aux mains des barbares.


Enfin, la virilité des souverains pontifes n’a jamais été et ne sera sans doute jamais vérifiée. Effectivement il existe bien des chaises porphyres percées, le Louvre en conserve une.


Mais son utilité n’avait rien à voir avec ce qu’en dit la légende. Ainsi après avoir passé en revue tous ces contres arguments les historiens concluent sans risque que la Papesse Jeanne n’a jamais existé.


En revanche il reste au sujet de sa légende de nombreuses zones d’ombre. Par qui et pourquoi a t-elle était inventé?

Autant de questions auxquelles nous n’aurons certainement jamais de réponses totalement certaines, mais comme toujours de brillantes spéculations qui… relanceront la rumeur.
texte de Eric Garnir.

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