Sonnet à la Liberté.
Ce n’est point que j’aime les enfants,
dont les yeux mornes ne voient rien si
ce n’est leur misère sans noblesse,
dont les esprits ne connaissent rien,
n’ont souci de rien connaître,
mais parce que le grondement
de tes Démocraties,
tes Règnes de la Terreur,
les grandes Anarchies,
reflètent pareils à la mer mes passions
les plus fougueuse,
et donnent à ma rage un frère,
Liberté!
Pour cela uniquement,
tes cris discordants enchantent mon
âme jusqu’en ses profondeurs,
sans cela tous les rois du knout ensanglanté
et des traitreuses mitraillades,
dépouiller les nations de leurs droits inviolables,
que je resterais sans m’émouvoir,
et pourtant… et pourtant,
ces Christs, qui meurent sur les barricades,
Dieu sait si je suis avec eux sur
certains points.



