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Théophile De Viau. La solitude.
24 Septembre 2024
Rédigé par osebo-moaka et publié depuis
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Dans ce val solitaire et sombre, Le cerf qui brame au bruit de l'eau, Penchant ses yeux dans un ruisseau, S'amuse à regarder son ombre. De cette source une naïade Tous les soirs ouvre le portal De sa demeure de cristal, Et nous chante une sérénade. Les nymphes, que la chasse attire A l'ombrage de ces forêts, Cherchent les cabinets secrets Loin de l'embûche du satyre. Jadis, au pied de ce grand chêne, Presque aussi vieux que le soleil, l'Amour et le Sommeil Firent la fosse de Silène. Un froid et ténébreux silence Dort à l'ombre de ces ormeaux, Et les vents battent les rameaux D'une amoureuse violence. L'esprit plus retenu s'engage Au plaisir de ce doux séjour, Ou philomèle nuit et jour Renouvelle un piteux langage. L'orfraie et le hibou s'y perde; Ici vivent les loups-garous; Jamais la justice en courroux Ici de criminels ne cherche. Ici l'amour fait ses études; Vénus y dresse des autels, Et les visites des mortels Ne troublent point ces solitudes. Cette forêt n'est point profane; Ce ne fut point sans la fâcher Qu'Amour y vint jadis cacher Le berger qu'enseignait Diane. Amour pouvait par innocence Comme enfant, tendre ici des rêts, Et, comme reine des forêts, Diane avait cette licence.
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