• La trouée aux loups.

    Eté 1909.
    Nous vivions de l’autre côté de la frontière du côté Italien et fier de l’être. Certains disaient que nous volions les bêtes qui s’égaraient attirées par les aboiements des chiens.

    Les moutons perdus viennent alors grossirent le cheptel. Quand le français vient braillé qu’on a des bêtes à lui dans notre troupeaux, on dit pas non… Qu’il nous montre sa marque et alors, il peut repartir avec ses bêtes.


    Quand aux autres, elles restent avec le troupeau. C’est au berger de venir reprendre ses bêtes, c’est à lui qu’elles ont été confier, c’est la loi. Tout était calme de notre côté…

    oh il y avait le leu ça c’est sûr, mais il ne venait pas voir les moutons; sauf s’il y en avait un de crevé et encore.

    Le loup ne bouffe pas de la charogne, je suis berger depuis que j’ai l’âge de tenir un bâton et de savoir siffler. Je suis  le seul garçon, mes parents ont eu trois enfants, moi, et mes deux soeurs.



    J’ai bientôt 12 ans, je le sais car dans l’abri là-haut, j’ai fait des marques dans la pierre qui sert de seuil. Là en ce moment il y en a 11. Quand on descendra cet  automne des pâturages de montagne, quand la neige et le gel sera là, j’aurai mes douze ans et mes soeurs 10 et 6 ans.



    Elles, elles vont à l’école du curé, un bon vieux monsieur qui cultive des herbes. Il dit des épices et des simples et avec quelque unes il fait des liqueurs, jaune, verte puis des sirops pour la toux; des infusions avec ses simples.Il cultive aussi son grand jardin.


    Des pommes de terre, des choux, des carottes, des poireaux et des navets. Comme il le dit , de quoi faire une bonne grosse soupe l’hiver quand il fait froid. Dans notre village, le vieux curé n’a pas toujours était vieux, que non! Il est arrivé chez nous, il devait avoir presque trente ans, ça c’est ma mère qui me l’a dit.


    Et comme il était bien beau, les filles avaient tendance  à aller à la messe pour le voir; mais pas pour écouter père Mathias qui s’appelle.


    10 ans après il avait une bonne qui lui faisait son ménage, ses courses, sa cuisine, son linge et comme le dit si bien les deux commères, Ginette et Rosaberthe ( le lit, elle réchauffe bien le lit du petit curé).



    Et elles rient comme deux vieilles bigotes pas méchantes, mais qui se mêle de tout. Tout le monde le sait et alors! qu’est ce que ça peut faire?

     


    Il nous aime bien et nous aussi. Y a deux ans il a voulut faire du vin qui pique, ben pour avoir fait du vin qui pique! C’était bien une bonne piquette, mais sucrée et douce, fallait s’en méfier sinon trois verres après vous étiez sonner.


    Et pas par les cloches de l’église. Sa petite piquette eut beaucoup de succès. Mais jamais il ne nous donna sa recette.


    Enfin, les vieux lui en voulurent un peu, puis ils oublièrent; quoique c’est bientôt qu’il doit la mettre en bouteille.


    Peut être que les vieux vont s’en souvenirs et qu’ils rentreront pompette à la nuit tombée et auront droit aux coups de bâtons de leur femmes!à suivre???

    Y-L

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  • Commentaires

    1
    Samedi 18 Juillet 2015 à 16:38

    pas si mal après tout!!!!

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