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2013-10-19T16:29:05+02:00

Michel Leiris.

Publié par osebo-moaka

Muré
dans l’aridité
que n’amollit en rien
la vue chaque jour rafraîchie
du paysage
dont des millénaires ont
tracé les lignes,
je cherche à me ressembler.
Ondes
Le temps qu’il fait, 1987.

ichel Leiris.

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2013-10-18T12:12:36+02:00

Il mourut à l’aube. Fédérico Garcia Lorca.

Publié par osebo-moaka

Il mourut à l'aube.
Nuit de quatre lunes
Et un seul arbre,
Avec une seule ombre
Et un seul oiseau.
Je cherche dans ma chair
Les traces de tes lèvres
La source embrasse le vent.
Sans le toucher
Je porte le nom que tu m'as dit
Dans la paume de ma main,
Comme un citron de cire
Presque blanc.
Nuit de quatre lunes
Et un seul arbre.
Sur la pointe d' éguille
Et mon amour... qui change!
Fédérico Garcia Lorca.
 

Il mourut à l’aube.

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2013-10-18T11:52:41+02:00

Pluie Noire.

Publié par osebo-moaka

La jeune et jolie Yasuko ne trouve pas de mari. Cinq ans après l’explosion de la bombe atomique, elle vit avec son oncle et sa tante dans un village près d’Hhiroshima. On raconte que l’averse de pluie noire qui a suivi l’explosion est tombée sur elle. Or, à long terme, cette pluie cause une maladie mortelle. Son oncle décide de prouver qu’elle n’a pas été atteinte par la radioactivité. Pour cela il recourt au journal que sa nièce tenait en 1945, et à ses propres notes d’alors, qu’il intitule Journal d’un sinistré. L’essentiel du livre est constitué par ces écrits qui relatent, au présent, et par des  témoins qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. La découverte de l’horreur mêlée aux plus émouvants et doux aspects de la vie quotidienne.
6 août 1945. Yakaso note dans son journal:
J’ai cru que la nuit venait, mais arrivée à la maison, je me suis aperçue qu’il n’en était rien, que l’ombre crépusculaire était due aux fumées qui remplissaient le ciel. Oncle et Tante étaient là. Ils allaient partir à ma recherche. Oncle s’était trouvé à la station de Yokogawa au moment du bombardement, et il avait été blessé à la joue gauche. La maison penchait, mais Tante était sauve. Sur une remarque d’Oncle, je me suis aperçue que j’étais couverte d’éclaboussures, comme de boue. Ma blouse  à manches courtes était salie aussi, et même en partie abîmée. En me regardant dans la glace, je vis que, sauf la partie qui avait été abritée par ma capuche de protection aérienne, j’étais couverte de taches de même couleur. Je me suis alors souvenue qu’une pluie noire était survenue après notre embarquement sur le bateau clandestin. Ce devait être vers dix heures du matin,  je crois. Des nuages noirs qui roulaient sur la ville s’étaient élevés des grondements de tonnerre, et il avait plu aussi dru et raide que s’il était tombé des stylos. La pluie n’avait pas duré. Je devais être bien distraite, car plus tard, j’ai cru avoir été surprise par cette pluie dans le camion; j’avais dû vouloir le croire, car je ne devais guère être en état de bien percevoir les choses à ce moment là. D’ailleurs, la pluie noire avait cessé aussi vite qu’elle était apparue, tout à fait comme une hallucination. C’était une pluie fourbe. Je me suis lavée les mains à la source du jardin, mais j’ai eu beau les frotter avec du savon, la souillure n’est pas partie; on aurait dit qu’elle collait indissolublement à la peau; je n’y comprenais rien; j’ai demandé à Oncle de regarder.  » C’est peut être du gras de bombe incendiaire, a -t-il dit. Ils auraient donc lancé une bombe incendiaire… ». Puis, m’examinant la figure:  » ça pourrait aussi bien être de la boue mélangée à du gaz toxique. Ils auraient donc jeté une bombe à gaz? » a -t-il poursuivit. Et, regardant ma figure encore une fois:  » Non, ça n’a pas l’air d’être du gaz. Ce seront plutôt des éclaboussures provenus d’une explosion d’un magasin de poudre de l’armée, auquel un espion aura mis le feu. Moi j’ai été bombardé à la gare de Yokogawa, j’ai regagné la maison en marchant le long des rails, mais je n’ai pas rencontré de pluie noire.

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2013-10-18T11:50:51+02:00

Rendez-vous.

Publié par osebo-moaka
C’est la nuit noire, froide. Le lieu interdit, car le terrain s’effondre… l’homme pourtant est là, légèrement inquiet, guettant les bruits. Il le sait bien, il n’aurait pas du venir… mais l’appel avait était pressant. Comment ne pas y répondre? Vieille histoire qui remonte si loin que sa mémoire incertaine lutte sur les souvenirs. Il se souvient surtout de ce jour là! Ce jour ou sa vie a basculé dans le noir. Jamais, il n’aurai jamais pensé qu’en un seul jour, son existence serait marqué de façon si définitive. Racontait l’histoire! C’est se revoir tel qu’il était à l’époque… à cette époque insouciante  et béni, jour de liesse, joie et ivresse. Si loin et pourtant si près. Un jour, rien qu’un jour et maintenant, il devait en payer le prix. Avril 1789, la rue gronde, le peuple frémit, la roue tourne et c’est avec faste que les princes s’installent,mangent , boivent et se réjouissent, libertinage, folie de vivre, folie de la vie. Hommes et femmes se trompant pour cacher l’ennui de cette vie morose. Quelques drogues circule, des apothicaires  servile se sont enrichie. Ils vont et ils viennent dans les chambres et les anti-chambres, pour vendre à ces riches le fruit de leur recherche. Savent-ils que cela leur ôtera la vie? Non, ils ne pensent pas au lendemain. Aucun de ceux qui consomment ces drogues là ne pourront dire qui les lui a fourni. Ils dépérissent, s’étiolent, on parle de maladie qui fait des ravages chez ceux de la noblesse. Les grands s’affolent, leurs enfants s’étiolent, une maladie de langueur, leur dit leur médecin… aucun remède et pour cause… Quelques remèdes de bonne-femme- des simples, les emmenés à la campagne…loin de l’agitation de la grande capitale. Il est tellement plus raisonnable de pensé que ce genre de mélancolie ne s’adresse qu’aux faibles jeunes femmes, pourquoi donc ces jeunes gens, si beaux, si fort sont-ils prit eux aussi par cette étrange  et fugace maladie? Après quelques mois au calme, à la campagne, certains retrouvent un semblant de vie après avoir traversé comme une déchirure de soi! Des cris, des hurlements, des vomissements! Ils vont jusqu’à battre leur servant, indigne de ces jeunes aristocrates direz-vous! Homme de lettre qui ne sera pas nommé, sa popularité monte en flèche et certain déjà lui font des courbettes- pendant que le roi insouciant  jette par la fenêtre sont argent; fêtes par ci, fêtes par là. accueil de celui-ci, accueil de celui-la , les plats sur la table s’accumulent, perdreaux, oies bien grasses, lèvres, venaison,légumes  exotiques et fruits le tout servi avec de grand cru. La salade est le plat des dames avec la petite caille point trop faisandée. Puis , il faut danser, rire ,s’amuser presque toute la nuit. Les visages sont bouffies de trop de tout.
y-l

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2013-10-18T11:40:54+02:00

Promenade de Picasso.( Jacques Prévert).

Publié par osebo-moaka

Sur une assiette bien ronde en porcelaine réelle
Une pomme rose
Face à face avec elle
Un peintre de la réalité
essaie vainement de peindre
La pomme telle qu’elle est
mais
elle ne se laisse pas faire
la pomme
Elle a son mot à dire
Et plusieurs tours dans son sac de pomme
la pomme
Et la voila qui tourne
dans son assiette réelle
Sournoisement sur elle-même
Doucement sans bouger
Et comme un duc de Guise qui se déguise
en  bec de gaz
Parce qu’on veut lui tirer le
portrait
La pomme se déguise en beau fruit déguisé
et c’est alors
Que le peintre de la réalité
commence à réaliser
que toutes les apparences de la pomme
sont contre lui
et
comme un malheureux indigent
comme un pauvre nécessiteux qui se trouve
soudain à la
merci de n’importe quelle association
bienfaisante
et charitable et redoutable de bienfaisance
de charité et de redoutabilité
le malheureux peintre de la réalité
Se trouve soudain alors être la triste proie
d’une innombrable foule d’associations
d’idées
Et la pomme en  tournant évoque le pommier
Le paradis terrestre et Eve et puis Adam
L’arrosoir l’espalier Parmentier l’escalier
Le Canada les Hespérides la Normandie
la Reinette
Et l’Api
Le serpent du jeu de Paume le serment du
jus de pomme
et le péché originel
et  les origines de l’art
et la Suisse avec Guillaume Tell
et même Isaac Newton
plusieurs fois primé à l’Exposition de la
Gravitation Universelle
et le peintre étourdi perd de vue so
modèle
et s’endort
c’est alors que Picasso
qui passait par là comme il passe partout
Chaque jour comme chez lui
voit la pomme et l’assiette et le peintre
endormi
quelle idée de peindre une pomme
dit Picasso
et Picasso mange la pomme
et la pomme lui dit Merci
et Picasso casse l’assiette
et s’en va en souriant
et le peintre arraché à ses songes
comme une dent
se retrouve tout seul devant sa toile
inachevée
Avec au beau milieu de sa vaisselle brisée
les terrifiants pépins de la réalité.
Jacques Prévert.

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2013-10-18T11:39:53+02:00

Proverbes Chinois.

Publié par osebo-moaka

Deux yeux échangent leurs regards
et les êtres existent.Proverbes Chinois. dans Citations 1747b887-300x225

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2013-10-17T08:26:37+02:00

Tendresse de Paul Géraldy.

Publié par osebo-moaka

 

Tu m’aimes?… Qu’est ce que tu fais?
Tu ne dis rien. Mets-toi plus près.
Laisse ces choses qui t’occupent,
et viens t’étendre ici, voyons!
Je ferai bien attention.
Je ne friperai pas ta jupe.
Ôtons  les coussins s’ils te gênent.
Tâchons de nous installer bien.
Et donnez-moi vos mains, vilaine,
et mettez vos yeux dans les miens.
Si vous saviez comme on vous aime!
Regardez-moi mieux… Encore mieux!

ça doit bien se voir dans mes yeux
que je t’ai donné tout de moi-même!
Tu le vois, dis? Tu le comprends?
Mon amour, ce soir est si grand,
si grave, si profond, si tendre!…
1913.

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2013-10-17T08:23:03+02:00

Les Cygnes sauvages de Coole.

Publié par osebo-moaka

 

Les arbres sont vêtus de leur beauté d’automne,

La sente est sèche au bois,
A la brune d’octobre l’eau reflète un calme ciel;
Sur l’eau qui monte encore entre les pierres
Sont là cinquante-neuf cygnes.
Le dix-neuvième automne est descendu sur moi
Depuis mon premier compte:
Je vis, sans avoir bien fini,
Tous soudain s’enlever,
Se disperser, tournant en grands cercles brisés
Dans la clameur des ailes.
J’ai longtemps contemplé ces oiseaux éclatants,
Et mon coeur est meurtri;
Tout est changé depuis qu’entendant à la brune
Ici pour la première fois
Battre au-dessus de moi les cloches de leurs ailes
Je passais d’un pas plus léger.
Sans se lasser, toujours par couples d’amoureux,
Ils pagaient dans le froid
Des courants familiers ou montent dans les airs;
Leur coeur n’a pas vieilli;
Conquête ou passion, ou que leur aile vague,
Les escortent toujours.
Mais voici qu’ils dérivent sur l’eau calme,
Mystérieux, splendides;
Parmi les joncs bâtiront-ils,
Près de quel lac, étang
Raviront-ils les yeux quand je m’éveillerai
Pour voir qu’ils se sont envolés?
poème composé en 1916.
De William Butler Yeats.

Les Cygnes sauvages de Coole.

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2013-10-17T08:13:49+02:00

Pierre Granier.

Publié par osebo-moaka

Chaque être humain est seul,
mais les bonnes actions dissipent
la solitude, en nous révélant que nous
nous soucions les uns des autres.

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2013-10-17T08:10:30+02:00

Diderot.

Publié par osebo-moaka

L’homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur
d’un plus grand nombre d’autres.
Diderot. 1713-1784.Diderot. dans les petits mots 1596cc33-235x300

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