• Paris sans voitures est silencieux comme un jardin de pierre. La bicyclette est la reine du pavé, et la G7, convertie aux moeurs indochinoises, appelle ses pousse-pousse " vélos-taxis". Mais , pour beaucoup, la marche à pied et de rigueur jusqu'à l'heure du couvre-feu, sous la lumières bleutée des lampadaires.
    Maurice Chevalier nous dit comment, sur une musique de Vincent Scotto, Elle avait des semelles en bois qui faisaient cli-clac-clic-clac: l'ouragan de la pénurie a emporté les matières premières. Les menuisiers font des chaussures.
    Laine, soie et cuir ne sont que des souvenirs. La  Parisienne, pour rester coquette, taille dans la fibrenna, le crin viscose et autres ersatz d'éphémère tenues qui rétyrécissent à la moindre averse et ne la protègent pas du froid.
    elle entretient l'illusion du luxe disparu en passant, faute de bas, ses jambes nues au "teint doré" de chez Payot ou au " 260 fin" d'Elisabeth Arden, de vulgaires teintures.
    Dans les assiettes, ce n'est guère mieux: pâtés d'abats, mou de mouton, bouillies de millet, blettes, topinambours et autres rutabagas.
    Bref, les Français se serrent la ceintures qui, désormais, faute de cuir, est en peau de dindon.
    Au restaurant, les jours " sans" succèdent aux jours " avec", mais l'on y mange en général mieux chez soi.
    Gaston Denys, de l'académie des gastronomes, conseille aux Parisiens de consommer des huîtres, que l'on trouve en abondance, car l'occupant n'est guère friand de ce coquillage.
    Mais, pour en déguster une douzaine, il faut se livrer à un tou de passe-passe, en changeant de place après la sixième, car les ordonnances de la restauration interdisent d'en déguster d'avantage.
    Puis, un jour, les approvisionnements cessent. Place de l'Opéra, un nouveau panneau indicateur s'ajoute à la forêt de pancartes qui a poussé, depuis 1940, devant les chaises d'osier du Café de la Paix: " Zur Normandie Front."
    Vendredi 25 août 1944, deux heures de l'après-midi au même endroit. La place est vide, écrasée par une chaleur accablante. Plus loin, vers la Seine, de noires fumées assombrissent le grand ciel bleu qui nimbe Paris.
    Par moment, des explosions, des crépitements de mitrailleuse, de sèches fusillades retentissent.
    On se bat rue de Castiglione et dans les rues adjacentes. Près de l'hôtel Meurice, une colonne de véhicules allemands, transformée en un énorme amas de tôles convulsées, se consume.
    Soudain, à l'angle de la place de l'Opéra, surgit un convoi: trois Jeep, un camion Dodge, un halftrack et un char portant, sur l'éclat mat de sa tourelle, une croix de Lorraine.
    Des Français! La division Leclerc! Le détachement est envoyé par le colonel Billotte pour investir l'immeuble à coupole de la Kommandantur.
    Quelques minutes plus tard, hagards comme des somnambules que le soleil aveugle, les mains collées à la nuque, des soldats de la Wehrmacht sortent en file indienne. En face, sous les lourdes frondaisons du boulevard des Capucines, une pluies de verre s'abat avec fracas sur le trottoir.
    Les vitres du Café de la Paix viennent d'exploser. Des Allemands, pris de panique, ont , avant de s'enfuir, jeté de grenades incendiaires. A coup de siphons, les maîtres d'hôtel parviennent tant bien que mal à éteindre les flammes. Hélas! le plafond peint du grand salon est irrémédiablement détruit.
    Les semaines suivantes, les GI en tenue kaki affluent. Un cordon de troupes, carabine Us M1 en bandoulière, encercle jour et nuit le pâté d'immeuble du Grand -Hôtel. Dans les rues voisines, des MP à casque blanc vérifient systématiquement l'identité des civils et des militaires qui se présentent.
    Pendant ce temps, un impressionnant dispositif de défense: cheveaux de frise, fils de fer barbelés, armes lourdes, troupes spéciales... est déployé autour du Commandement suprême des forces alliés, à Versailles, ou le général Eisenhower se retrouve, pour ainsi dire, assigné à résidence.
    Un comble pour un libérateur! La cause de ce brale-bas sera révélée après-guerre par Time Life: une opération d'"intox" allemande avait fait croire aux Alliés que " Ike" allait être assassiné au Café de la Paix par un commando spécial, dirigé par celui que l'Intelligence Service surnomme " L"homme le plus dangereux d'Europe": le colonel SS Otto Skorzeny, déjà célèbre pour avoir exfiltré Mussolini de sa prison des cimes du Gran Sasso, à la faveur d'une opération commando rocambolesque.
    Classé pendant quatre ans résidence pour Oberoffiziere, le Grand-H$otel devient l'Allied Expeditionary Forces Club N°1.
    Des hôtesses, malicieusement surnommées " Tender girls" car elles sont commandées par Lady Arthur Tender, épouse de l'Air Chief Marshal du même nom.

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  • " Le café de la Paix mérite bien son nom, sa terrasse est une oasis reposante. Imagine -t-on qu'au milieu de cette agitation fébrile de piétons, de ce manège furieux de voitures tournant auour de la place comme des chevaux de fer, on peut s'asseoir confortablement, étendre ses jambes et regarder... regarder inlassablement couler la vie de Paris."
    Marcel Aymé.
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  • D’après la mythologie égyptienne, Osiris, frère et époux d’Isis, fut assassiné et découpé en morceaux par son frère Seth, qui voulait régner seul sur les hommes. Cependant, Isis parvint à reconstituer le corps de son amant et à le ramener à la vie. Avec Isis, Osiris engendra Horus, dieu du ciel, pour qu’il devienne son héritier et qu’il le venge.Un tribunal divin décida qu’Osiris devait devenir le souverain de l’enfer et de ses innombrables défunts. Osiris fut dès lors le juge suprême du tribunal des morts. Chaque défunt pouvait connaître  cette  résurrection si, au cours de sa vie, il avait été initié aux mystères de son dieu. Il revivait ainsi symboliquement la mort d’Osiris. Ce n’est que parce qu’il avait vécu cette initiation qu’il pouvait survivre dans l’au-delà.emoticone

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  • Le savant français Léon Foucault fait la démonstration
    publique de la rotation de la Terre avec un énorme pendule
    au Panthéon de Paris.
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    http://album-photo.geo.fr

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  • On raconte qu’Alexandre le Grand, qui essayait de défaire un noeud très compliqué ( le fameux noeud gordien), le trancha finalement avec son épée en s’écriant :  » Défaire ou couper, c’est la même chose! » Quand il s’agit d’une corde, peut-être, mais avec un enchevêtrement de vers vivants, que faire? Il existe en effet, des  » pelotes » constituées par un grand nombre d’individus, parfois de 1 mm seulement. En souvenir du noeud  » gordien », ces vers sont appelés gordiacés. Ils appartiennent à l’embranchement des némathelminthes et vivent dans les torrents ou dans les sources. Les femelles meurent peu après avoir pondu leurs oeufs. Ceux-ci donnent naissance à des larves microscopiques qui nagent dans l’eau en attendant d’être avalées par un coléoptère, par exemple un grillon ou une sauterelle de passage sur la rive. Le gordiacé devient ainsi un parasite de celui qui l’a avalé, à l’intérieur duquel il grossit énormément. Au bout de plusieurs mois, quand son hôte retourne près de l’eau, le ver, désormais bien formé, s’échappe et commence sa vie d’adulte. L’aspect de ces animaux est tel que, pendant des siècles , o a pris les gordiacés pour des crins de cheval!

     
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  • Amadeus,  » l’aimé de Dieu », c’est aussi le nom d’une pièce de théâtre écrite en 1979 par l’anglais Peter Shaffer et adaptée au cinéma par Milos Forman. Cette pièce essaie d’aborder et de comprendre ce phénomène exceptionnel et miraculeux qui s’appelle le génie, en nous montrant la rivalité qui oppose Salieri, le compositeur officiel de la cour de Vienne, à Mozart. Salieri avait un certain talent, mais il était besogneux, et l’histoire a presque oublié son nom. Mozart avait du génie. La musique semblait jaillir de lui sans effort et sans travail; on sait que ce ne fut pas sans douleur. Il est peu probable que Mozart ait eu cette surexcitation et ce rire un peu hystérique qu’affecte son personnage dans le film. Mais les conventions du théâtre et du cinéma, cherchant à extérioriser des aspects profonds d’une personnalité, doivent parfois en exagérer les traits.

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  • Passions et Séductions.
    En 1785, Mozart rencontre Lorenzo Da Ponte, qui devient le librettiste de ses principaux opéras. Leur collaboration commence avec Les Noces de Figaro, une adaptation de la pièce à scandale de Beaumarchais. Da Ponte supprime toute critique sociale pour ne laisser s’exprimer que les sentiments amoureux des personnages. Cet opéra ne connaît qu’un succès mitigé à Vienne, en 1786, mais il triomphe à Prague. Le théâtre national de cette ville commande alors un nouvel opéra au compositeur. Ce sera le célèbre Don Juan, dont l’ouverture est écrite en une nuit. C’est une oeuvre grave; Mozart est préoccupé par l’idée de la mort depuis le décès de son père. En 1789, l’année de la Révolution Française, Mozart compose, à la demande de l’empereur Joseph II, un opéra inspiré d’un fait divers qui avait défrayé la chronique viennoise: Cosi fan  tutte, une oeuvre gaie et amère sur le thème de l’inanité et de l’inconstance des passions.Depuis plusieurs années, Mozart avait adhéré à la franc-maçonnerie, qui avait joué un rôle important dans la diffusion des idées révolutionnaires. Mozart était attiré et séduit par le idéaux de fraternité, de bonté, d’humanité et de tolérance. Ces thèmes, nous les trouvons dans l’Enlèvement au sérail, qui montre la magnanimité du pacha renonçant à toute vengeance, ou encore dans la Clémence de Titus ( 1791). Mais l’oeuvre directement inspirée par les idées de la franc-maçonnerie  est la Flute enchantée, le dernier opéra de Mozart, comme un testament.Mozart fut enfoui dans la fosse commune. Nul ne put jamais retrouver l’endroit précis ou le corps jeté sans égard par les croque-morts du cimétière Saint-Marc avait été enterré.

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